Le blues du retraité
La crise a eu pour conséquence de modifier les projets de retraite de bien du monde. Et l'effondrement de moitié des cours boursiers qu'elle a provoqué est venu illustrer l'instabilité et l'insécurité que les régimes à cotisations déterminées transfèrent au bénéficiaire. Mais à voir la santé, toujours précaire, de l'autre catégorie de régimes, ceux à prestations déterminées, il y a fort à parier que les futurs retraités seront de plus en plus contraints à assumer les risques de marché et de volatilité.
Le cabinet Watson Wyatt a établi un nouvel indice visant à mesurer l'effet du rendement et des taux d'intérêt sur les régimes à cotisations déterminées. Ainsi, malgré le rebond des indices boursiers de référence de plus de 50 % depuis le creux de mars, la retraite demeure toujours difficile d'accès pour les bénéficiaires de ces régimes. «À la fin de septembre, un Canadien de 60 ans participant à un régime de retraite à cotisations déterminées devrait travailler presque quatre ans de plus pour obtenir le même revenu de retraite qu'un employé du même âge qui épargnait en vue de la retraite depuis le même nombre d'années, et qui a pris sa retraite en décembre 2007», a résumé le cabinet. La crise force donc les employés à la veille de leur retraite à choisir entre un niveau de vie moindre ou un prolongement de leur vie dite active.
C'est, d'ailleurs, le propre de ces régimes que de transférer au bénéficiaire le risque du placement et la volatilité des marchés. Quant aux régimes à prestations déterminées, soit ceux qui garantissent aux bénéficiaires les prestations à la retraite, ils sont appelés à briller par leur rareté en raison des contraintes financières qu'ils imposent à l'employeur. Pensons à tous ces débats et tiraillements autour des déficits actuariels, qui tombent sous la responsabilité de l'employeur. Il n'est pas étonnant de constater que désormais, à peine 21 % des travailleurs participent à de tels régimes. Et qu'on les trouve majoritairement dans la fonction publique.
Car la chute des rendements et la faiblesse du loyer de l'argent ne les ont pas épargnés. Et malgré la remontée des marchés depuis mars, la solvabilité de ces régimes demeure toujours précaire. Selon le Bureau du surintendant des institutions financières, le ratio des quelque 400 régimes à prestations déterminées tombant sous sa juridiction s'établissait à 0,88 au 30 juin dernier. Il s'agit d'une faible amélioration par rapport à celui de 0,85 mesuré à la fin de décembre 2008. Dit autrement, la lecture de juin indique que «sur le plan de la solvabilité, la valeur de l'actif de ces régimes de retraite était inférieure de 12 % à celle de leur passif», a souligné le Bureau.
La crise est venue bouleverser bien des plans de retraite, et le retour récent des rendements a eu peu d'effets. Dans un sondage réalisé pour la Financière Sun Life, «55 % des Canadiens croient qu'ils seront à la retraite à 66 ans, contre 51 % en décembre 2008, tandis que 45 % d'entre eux croient qu'ils travailleront encore, à temps plein ou à temps partiel». S'ajoutent les pressions provoquées sur le revenu des ménages. Ainsi, 34 % des Canadiens disent épargner moins qu'avant, alors que 19 % d'entre eux épargnent davantage, selon les conclusions d'un autre sondage, celui de RBC-Ipsos Reid. Mis dans le contexte où le tiers des Canadiens n'ont aucun régime de retraite privé, on peut mieux mesurer cette menace qui pèse sur la qualité de vie des futurs retraités.
Côté performance, Morneau Sobeco a précisé que le rendement médian des gestionnaires de fonds diversifiés a été de 7,2 % au troisième trimestre. Au cumul après neuf mois, soit depuis le début de l'année, le rendement médian atteignait 15,6 %. Le cabinet spécialisé en ressources humaines a précisé que «même si les rendements boursiers ont été spectaculaires depuis deux trimestres — le S&P/TSX ayant progressé de plus de 50 % depuis le creux atteint en mars —, nous sommes toujours très loin du sommet atteint en juin 2008 puisque le S&P/TSX affichait au 30 septembre une perte de 24 % relativement au sommet de 2008. L'ensemble des caisses de retraite est donc toujours en situation de déficit.»
Restent les régimes publics. Or, la santé financière du Régime des rentes du Québec (RRQ), déjà vacillante, est soumise à une population vieillissante et à un solde migratoire peu accommodant. Dans un document de consultation, la RRQ a rappelé que la dernière analyse actuarielle, celle faite au 31 décembre 2006, révélait déjà que «la situation financière est de plus en plus préoccupante». Avec une réserve de 33 milliards à cette date, on prévoyait devoir utiliser une partie des revenus de placement pour couvrir l'excédent des sorties de fonds sur les cotisations dès 2011. C'était avant la contre-performance dramatique de la Caisse de dépôt en 2008. Donc, hausse des taux de cotisation en vue!
Vivement le travail!
Le cabinet Watson Wyatt a établi un nouvel indice visant à mesurer l'effet du rendement et des taux d'intérêt sur les régimes à cotisations déterminées. Ainsi, malgré le rebond des indices boursiers de référence de plus de 50 % depuis le creux de mars, la retraite demeure toujours difficile d'accès pour les bénéficiaires de ces régimes. «À la fin de septembre, un Canadien de 60 ans participant à un régime de retraite à cotisations déterminées devrait travailler presque quatre ans de plus pour obtenir le même revenu de retraite qu'un employé du même âge qui épargnait en vue de la retraite depuis le même nombre d'années, et qui a pris sa retraite en décembre 2007», a résumé le cabinet. La crise force donc les employés à la veille de leur retraite à choisir entre un niveau de vie moindre ou un prolongement de leur vie dite active.
C'est, d'ailleurs, le propre de ces régimes que de transférer au bénéficiaire le risque du placement et la volatilité des marchés. Quant aux régimes à prestations déterminées, soit ceux qui garantissent aux bénéficiaires les prestations à la retraite, ils sont appelés à briller par leur rareté en raison des contraintes financières qu'ils imposent à l'employeur. Pensons à tous ces débats et tiraillements autour des déficits actuariels, qui tombent sous la responsabilité de l'employeur. Il n'est pas étonnant de constater que désormais, à peine 21 % des travailleurs participent à de tels régimes. Et qu'on les trouve majoritairement dans la fonction publique.
Car la chute des rendements et la faiblesse du loyer de l'argent ne les ont pas épargnés. Et malgré la remontée des marchés depuis mars, la solvabilité de ces régimes demeure toujours précaire. Selon le Bureau du surintendant des institutions financières, le ratio des quelque 400 régimes à prestations déterminées tombant sous sa juridiction s'établissait à 0,88 au 30 juin dernier. Il s'agit d'une faible amélioration par rapport à celui de 0,85 mesuré à la fin de décembre 2008. Dit autrement, la lecture de juin indique que «sur le plan de la solvabilité, la valeur de l'actif de ces régimes de retraite était inférieure de 12 % à celle de leur passif», a souligné le Bureau.
La crise est venue bouleverser bien des plans de retraite, et le retour récent des rendements a eu peu d'effets. Dans un sondage réalisé pour la Financière Sun Life, «55 % des Canadiens croient qu'ils seront à la retraite à 66 ans, contre 51 % en décembre 2008, tandis que 45 % d'entre eux croient qu'ils travailleront encore, à temps plein ou à temps partiel». S'ajoutent les pressions provoquées sur le revenu des ménages. Ainsi, 34 % des Canadiens disent épargner moins qu'avant, alors que 19 % d'entre eux épargnent davantage, selon les conclusions d'un autre sondage, celui de RBC-Ipsos Reid. Mis dans le contexte où le tiers des Canadiens n'ont aucun régime de retraite privé, on peut mieux mesurer cette menace qui pèse sur la qualité de vie des futurs retraités.
Côté performance, Morneau Sobeco a précisé que le rendement médian des gestionnaires de fonds diversifiés a été de 7,2 % au troisième trimestre. Au cumul après neuf mois, soit depuis le début de l'année, le rendement médian atteignait 15,6 %. Le cabinet spécialisé en ressources humaines a précisé que «même si les rendements boursiers ont été spectaculaires depuis deux trimestres — le S&P/TSX ayant progressé de plus de 50 % depuis le creux atteint en mars —, nous sommes toujours très loin du sommet atteint en juin 2008 puisque le S&P/TSX affichait au 30 septembre une perte de 24 % relativement au sommet de 2008. L'ensemble des caisses de retraite est donc toujours en situation de déficit.»
Restent les régimes publics. Or, la santé financière du Régime des rentes du Québec (RRQ), déjà vacillante, est soumise à une population vieillissante et à un solde migratoire peu accommodant. Dans un document de consultation, la RRQ a rappelé que la dernière analyse actuarielle, celle faite au 31 décembre 2006, révélait déjà que «la situation financière est de plus en plus préoccupante». Avec une réserve de 33 milliards à cette date, on prévoyait devoir utiliser une partie des revenus de placement pour couvrir l'excédent des sorties de fonds sur les cotisations dès 2011. C'était avant la contre-performance dramatique de la Caisse de dépôt en 2008. Donc, hausse des taux de cotisation en vue!
Vivement le travail!
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