Québec a sa place à Copenhague, dit Paris
Paris — Le premier ministre Jean Charest a obtenu hier un appui de taille dans son combat pour que les États fédérés soient reconnus comme des interlocuteurs de premier plan lors du prochain sommet de Copenhague sur le réchauffement climatique. Le premier ministre français, François Fillon, qui a dîné hier avec Jean Charest dans les somptueux jardins de Matignon, a clairement affirmé que la voix du Québec devait être entendue.
«Le Québec a une très grande expérience en matière environnementale et de lutte contre le réchauffement climatique, a-t-il déclaré. Nous pensons que cette expérience du Québec doit être utile à la communauté internationale et qu'elle doit pouvoir se faire entendre dans le cadre de la négociation de Copenhague.»
Depuis une semaine, Jean Charest a fait escale à Bruxelles, Munich et Paris afin essentiellement de faire reconnaître le rôle des États fédérés et des régions dans la négociation du nouveau protocole qui devrait être adopté à Copenhague en décembre prochain. Du même geste, Jean Charest exige une place pour le Québec dans la délégation canadienne à Copenhague et l'élaboration de la position fédérale puisque, dit-il, l'application des décisions de ce sommet dépendra principalement des provinces.
François Fillon se défend bien de s'ingérer dans la composition de la délégation canadienne à Copenhague. «Je ne veux pas du tout composer la délégation canadienne à Copenhague, dit-il. Mais ce que nous avons évoqué avec Jean Charest, c'est la reconnaissance des États fédérés dans cette discussion. Il ne serait pas anormal que de grands États comme le Québec et comme beaucoup d'autres puissent faire entendre leur voix, que leurs expériences soient prises en compte dans cette discussion.»
Jean Charest souhaite en particulier que le texte de la Déclaration de Copenhague reconnaisse formellement le rôle de ces États fédérés qui, comme la Californie et le Québec, sont souvent plus dynamiques que les États nationaux en matière d'environnement. Depuis plusieurs années, le Québec joue un rôle moteur au Sommet des leaders sur les changements climatiques, qui regroupe plusieurs de ces États fédérés. Sa première réunion s'est tenue à Montréal en 2005 et il se réunira à nouveau à Copenhague.
Dans l'entourage du premier ministre québécois, hier, on se réjouissait d'avoir obtenu le soutien de la France qui, par l'entremise de l'Union européenne, jouera un rôle déterminant dans les décisions qui seront prises à Copenhague. Ce n'est pas la première fois que le Québec et la France se concertent sur les questions d'environnement, quitte à déplaire à Ottawa.
Pas plus tard que la semaine dernière, le mémorandum français soumis à la réunion des ministres de l'Environnement de l'Union européenne à Luxembourg affirmait que les propositions du Canada pour lutter contre le réchauffement du climat n'étaient «pas à la hauteur». Selon ce même document, la position canadienne «ne permettrait pas à l'effort collectif des pays développés d'atteindre la fourchette de 25 à 40 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre».
Bonne entente
Dans la cour de Matignon, les premiers ministres québécois et français n'avaient pas de mots assez forts pour qualifier les bonnes relations entre la France et le Québec. Les premiers ministres se félicitent tout particulièrement de la vitesse avec laquelle l'accord sur la mobilité de la main-d'oeuvre, qui doit faciliter la reconnaissance de part et d'autre des compétences et des diplômes, a été réalisé. Une vingtaine d'ordres professionnels et de métiers, en France et au Québec, ont déjà signé des ententes. Le tout devrait être complété au début de 2010, date de la prochaine rencontre alternée des premiers ministres français et québécois. «Je veux redire que cet accord doit tout à l'engagement personnel de monsieur Charest, qui a mis toute son énergie et toute sa foi dans cette coopération pour le rendre possible», a dit François Fillon.
Interrogé sur la déclaration du président Nicolas Sarkozy, qui a récemment affirmé que la burqa (le voile intégral) n'était «pas la bienvenue en France», Jean Charest a évité la question. Il s'est contenté d'affirmer que «nous nous attendons à ce que chaque personne qui accepte de venir vivre au Québec et qui jouit du privilège de l'immigration adhère aux valeurs québécoises. Ces valeurs, c'est la langue française, l'égalité entre les hommes et les femmes et la laïcité».
Alors qu'un journaliste canadien-anglais s'étonnait de l'absence du drapeau canadien à la conférence de presse, Jean Charest a dit qu'il n'y avait pas de contradiction entre les drapeaux français et québécois et le drapeau canadien. De mémoire, on n'a jamais vu un drapeau canadien dans les rencontres franco-québécoises. En ce 1er juillet, Jean Charest a aussi dit regretter de ne pas être dans sa circonscription de Sherbrooke pour célébrer la fête du Canada.
Le premier ministre a achevé sa journée à Paris en participant à un colloque sur la réforme du système financier international avec l'ancien candidat à la chancellerie allemande Edmund Stoiber et l'ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin. Aujourd'hui, Jean Charest mettra un point d'orgue à son périple européen en rencontrant le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le cinéaste, photographe et militant écologiste Yann Arthus-Bertrand.
***
Correspondant du Devoir à Paris
«Le Québec a une très grande expérience en matière environnementale et de lutte contre le réchauffement climatique, a-t-il déclaré. Nous pensons que cette expérience du Québec doit être utile à la communauté internationale et qu'elle doit pouvoir se faire entendre dans le cadre de la négociation de Copenhague.»
Depuis une semaine, Jean Charest a fait escale à Bruxelles, Munich et Paris afin essentiellement de faire reconnaître le rôle des États fédérés et des régions dans la négociation du nouveau protocole qui devrait être adopté à Copenhague en décembre prochain. Du même geste, Jean Charest exige une place pour le Québec dans la délégation canadienne à Copenhague et l'élaboration de la position fédérale puisque, dit-il, l'application des décisions de ce sommet dépendra principalement des provinces.
François Fillon se défend bien de s'ingérer dans la composition de la délégation canadienne à Copenhague. «Je ne veux pas du tout composer la délégation canadienne à Copenhague, dit-il. Mais ce que nous avons évoqué avec Jean Charest, c'est la reconnaissance des États fédérés dans cette discussion. Il ne serait pas anormal que de grands États comme le Québec et comme beaucoup d'autres puissent faire entendre leur voix, que leurs expériences soient prises en compte dans cette discussion.»
Jean Charest souhaite en particulier que le texte de la Déclaration de Copenhague reconnaisse formellement le rôle de ces États fédérés qui, comme la Californie et le Québec, sont souvent plus dynamiques que les États nationaux en matière d'environnement. Depuis plusieurs années, le Québec joue un rôle moteur au Sommet des leaders sur les changements climatiques, qui regroupe plusieurs de ces États fédérés. Sa première réunion s'est tenue à Montréal en 2005 et il se réunira à nouveau à Copenhague.
Dans l'entourage du premier ministre québécois, hier, on se réjouissait d'avoir obtenu le soutien de la France qui, par l'entremise de l'Union européenne, jouera un rôle déterminant dans les décisions qui seront prises à Copenhague. Ce n'est pas la première fois que le Québec et la France se concertent sur les questions d'environnement, quitte à déplaire à Ottawa.
Pas plus tard que la semaine dernière, le mémorandum français soumis à la réunion des ministres de l'Environnement de l'Union européenne à Luxembourg affirmait que les propositions du Canada pour lutter contre le réchauffement du climat n'étaient «pas à la hauteur». Selon ce même document, la position canadienne «ne permettrait pas à l'effort collectif des pays développés d'atteindre la fourchette de 25 à 40 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre».
Bonne entente
Dans la cour de Matignon, les premiers ministres québécois et français n'avaient pas de mots assez forts pour qualifier les bonnes relations entre la France et le Québec. Les premiers ministres se félicitent tout particulièrement de la vitesse avec laquelle l'accord sur la mobilité de la main-d'oeuvre, qui doit faciliter la reconnaissance de part et d'autre des compétences et des diplômes, a été réalisé. Une vingtaine d'ordres professionnels et de métiers, en France et au Québec, ont déjà signé des ententes. Le tout devrait être complété au début de 2010, date de la prochaine rencontre alternée des premiers ministres français et québécois. «Je veux redire que cet accord doit tout à l'engagement personnel de monsieur Charest, qui a mis toute son énergie et toute sa foi dans cette coopération pour le rendre possible», a dit François Fillon.
Interrogé sur la déclaration du président Nicolas Sarkozy, qui a récemment affirmé que la burqa (le voile intégral) n'était «pas la bienvenue en France», Jean Charest a évité la question. Il s'est contenté d'affirmer que «nous nous attendons à ce que chaque personne qui accepte de venir vivre au Québec et qui jouit du privilège de l'immigration adhère aux valeurs québécoises. Ces valeurs, c'est la langue française, l'égalité entre les hommes et les femmes et la laïcité».
Alors qu'un journaliste canadien-anglais s'étonnait de l'absence du drapeau canadien à la conférence de presse, Jean Charest a dit qu'il n'y avait pas de contradiction entre les drapeaux français et québécois et le drapeau canadien. De mémoire, on n'a jamais vu un drapeau canadien dans les rencontres franco-québécoises. En ce 1er juillet, Jean Charest a aussi dit regretter de ne pas être dans sa circonscription de Sherbrooke pour célébrer la fête du Canada.
Le premier ministre a achevé sa journée à Paris en participant à un colloque sur la réforme du système financier international avec l'ancien candidat à la chancellerie allemande Edmund Stoiber et l'ancien premier ministre français Jean-Pierre Raffarin. Aujourd'hui, Jean Charest mettra un point d'orgue à son périple européen en rencontrant le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et le cinéaste, photographe et militant écologiste Yann Arthus-Bertrand.
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Correspondant du Devoir à Paris
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